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Vassilis Alexakis - La clarinette.

Vassilis Alexakis, 71 ans, est un vieil homme, écrivain de renom, qui se retourne sur son passé tout en construisant son court futur. Son amitié avec Jean Marc Robert, grand éditeur qui poursuit sa lente descente par le biais d’un cancer, le plonge dans un douloureux désarroi. Alexakis et ses petites pertes de mémoire (comment peut-on oublier le mot « clarinette »), lui font revisiter un passé pas si lointain, ses amis, ses femmes, ses rencontres diverses et surtout ce sentiment de n’appartenir ni à la France , ni à la Grèce. Lui, le grec, il écrit en français puis traduit en grec ! Ses aller et retour entre Paris et Athènes lui font découvrir cette nouvelle grèce complètement plombée par la crise économique.

Les personnages principaux :

Jean –Marc Roberts. L’ami éditeur, écrivain.

L’auteur, narrateur Vassilis Alexakis.

Extraits :

"En vivant entre deux pays, je suis passé à côté de tous les événements. En mai 1968, j'étais en Grèce ; à la fin de la dictature, je résidais à Paris. J'ai tout raté, comme ce petit bonhomme d'une nouvelle de Mark Twain qui tourne la tête ailleurs lors du passage de la reine. Depuis, je me suis refait."
« La Grèce, berceau de la démocratie, est restée à l'écart du processus de formation des Etats européens, elle est passée à côté de la Renaissance et a ignoré le siècle des Lumières, note Alexakis. C'est son vrai drame et son paradoxe. Puis elle est sortie de l'occupation ottomane comme si rien n'avait changé. L'Etat est resté l'ennemi, tout le monde cherche à tricher, seule compte l'organisation familiale. Quant à la richissime Eglise, dont le pouvoir spirituel est aussi important que le pouvoir matériel, elle est intouchable la contester revient à renier sa patrie et peut vous conduire devant les tribu
naux."

Et aussi :

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Sur le quartier :

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A mon humble avis :

C’est un roman sur l’amitié, la mémoire et la crise grecque. Pas si loin de nous, des hommes tombent.

Comment peut-on oublier un mot. Un Alzheimer peut-il oublier son visage? Question simple et sensible sur la perte de mémoire.

Au-delà de cette longue amitié entre ces deux écrivains, il y a la problématique de ceux qui sont entre deux pays et deux langues, toujours étrangers.

La crise économique les frappe durement, comme si un pays européen pouvait devenir un état du tiers monde.

Alexakis, nous entraine dans les bas fonds du quartier le plus libre d’Athènes, celui d’Exarcheia à

la rencontre de ces hommes et de ces femmes que l’Etat (ou tout du moins ceux qui le dirige) a tués.

Tout ces thèmes sont abordés et d’autres aussi intéressants. Mais c’est le style de narration qui fait que l’on est pris par le texte avec un bel aperçu de la vie avec la crise que subissent les grecs . Pas à pas avec une hallucinante lucidité le vieil homme nous raconte cette Grèce ancienne et nouvelle, avec ou sans dictature, pauvre et riche, insolente et désespérées. A lire bien-sûr.

Tag(s) : #Lectures

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