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La quat de couv:

Benjamin Wood signe un premier roman magistral sur les frontières entre génie et folie, la manipulation et ses jeux pervers – qui peuvent conduire aux plus extravagantes affabulations, à la démence ou au meurtre.

Cambridge, de nos jours. Au détour d’une allée de l’imposant campus, Oscar est irrésistiblement attiré par la puissance de l’orgue et des chants provenant d’une chapelle. Subjugué malgré lui, Oscar ne peut maîtriser un sentiment d’extase. Premier rouage de l’engrenage. Dans l’assemblée, une jeune femme attire son attention. Iris n’est autre que la sœur de l’organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s’accompagne d’étranges conceptions sur son usage hypnotique…
Bientôt intégré au petit groupe qui gravite autour d’Eden et Iris, mais de plus en plus perturbé par ce qui se trame dans la chapelle des Bellwether, Oscar en appelle à Herbert Crest, spécialiste incontesté des troubles de la personnalité. De manière inexorable, le célèbre professeur et l’étudiant manipulateur vont s’affronter dans une partie d’échecs en forme de duel, où chaque pièce avancée met en jeu l’équilibre mental de l’un et l’espérance de survie de l’autre.
L’auteur du Complexe d’Eden Bellwether manifeste un don de conteur machiavélique qui suspend longtemps en nous tout jugement au bénéfice d’une intrigue à rebonds tenue de main de maître.

 

Extraits:

« Ma théorie est que l'espoir est une forme de folie. Une folie bénigne, certes, mais une folie tout de même. En tant que superstition irrationnelle, miroirs brisés et compagnie, l'espoir ne se fonde sur aucune espèce de logique, ce n'est qu'un optimisme débridé dont le seul fondement est la foi en des phénomènes qui échappent à notre contrôle. »

 

« Ils se comprenaient. (…) Et il apprenait tellement de lui, rien qu’en lisant les livres qu’il lui prêtait. Au cours des six derniers mois, il avait lu des romans de Graham Green, de Herman Hesse, toutes les nouvelles de Gianni Celati, Katherine Mansfield, Frank O’Connor, Alexandre Soljenitsyne, et des essais de George Orwell. Dire qu’il avait presque oublié combien il aimait lire, cette cadence particulière des mots quand les yeux passent dessus. »

 

« Ses parents étaient du genre à avoir une bibliothèque, mais sans aucun livre. Ils ne comprenaient pas le plaisir de la lecture et n’avaient jamais considéré qu’il faille l’encourager. Pour eux, les livres étaient facultatifs, un truc que des professeurs de lettres débraillés imposaient aux enfants à l’école. Oscar avait été élevé dans l’idée que s’il restait dans sa chambre plongé dans des histoires et des mondes imaginaires, c’était qu’il n’appréciait pas la vie qui était la sienne, tout ce pour quoi ses parents avaient travaillé dur, comme la télé, le magnétoscope et le jardin fraîchement gazonné. Quand il le voyait lire, son père lui demandait si ça allait, s’il se sentait bien, et ce qu’était devenu cet ami venu un jour prendre le thé. Dans le lotissement de ses parents, à Watford, la vie était plus simple si on ne lisait pas. Alors il s’était efforcé de ne pas en avoir envie. »

 

« A la place d'une foi aveugle en Dieu ou dans la spiritualité, comme dans les temps anciens, nous vouons à présent un culte à la logique de la science. Pour les faits, pour ce qui est prouvable. et c'est très bien. Mais notre foi moderne dans la science est devenue aussi aveugle que l'était notre foi en Dieu. »

 

Et aussi:

Benjamin Wood - Le complexe d'Eden Bellwether
Benjamin Wood - Le complexe d'Eden Bellwether

A mon humble avis:

Excellent premier roman . De la médecine alternative aux mathématiques, des folies du génie, et beaucoup d'autres sujets assez intéressants dans ce bon roman. La musique comme une thérapie ou comme une folie. L'auteur fait vivre ses personnages, avec une parfaite maitrise de la psychologie. On entre pas-à-pas dans cette histoire, puis on dérive lentement vers cette « folie douce ». Foisonnement de référence culturel qui nous plonge dans l'abîme de nos ignorances. Un brin chaotique mais c'est ce qui fait aussi le charme de cette lecture . A lire bien sûr.

Tag(s) : #Lectures

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