Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

La quat de couv :

Après plusieurs romans situés dans les géographies les plus éloignées dans l’espace et dans le temps (le Congo belge, le Tahiti de Gauguin), Mario Vargas Llosa revient au Pérou et fait de son pays natal le décor du Héros discret. Il nous dépeint la situation actuelle d’une société dopée par une croissance économique sans précédent mais qui voit également se développer la corruption, la cupidité et le crime.
À Piura, Felícito Yanaqué, patron d’une entreprise de transports, est l’objet de chantage et d’intimidations mafieuses. Aussi frêle de corps qu’énergique de caractère, il saura cependant y faire face, et son opiniâtreté d’homme du peuple qui s’est élevé à la force des bras, fera de lui un héros national.
À Lima, Ismael, patron d’une riche compagnie d’assurances, se voit menacé par ses deux fils, qui convoitent sa fortune en souhaitant sa mort. Là encore, l’homme saura répondre à ces menaces, et sera tout aussitôt doté par le romancier d’une aura héroïque.
Mais il ne faut pas prendre leur épopée trop au sérieux. Car entre le mélodrame et le vaudeville, Vargas Llosa s’amuse, et nous amuse, avec ces deux histoires qu’il mène avec brio et dont le résultat final est une œuvre drôle, corrosive et magistralement écrite.
Le lecteur y reconnaîtra souvent le ton moqueur de La tante Julia et le scribouillard et de Tours et détours de la vilaine fille. Mais il retrouvera surtout avec plaisir l’univers de don Rigoberto et de Fonchito, du sergent Lituma et du capitaine Silva, tous à nouveau réunis dans ce portrait critique du Pérou contemporain.

 

Extraits :

 

« Ainsi le mal était le fils de la liberté, une création humaine"

 

"Dieu en créant l'homme, avait probablement décidé qu'il ne serait pas un automate, avec une vie programmée de la naissance à la mort, comme celle des plantes et des animaux, mais un être doué de libre arbitre, capable de décider de ses actes pour son propre compte.
C'est ainsi qu'était née la liberté."

 

« Elle, une femme très grosse et très grande, aux joues comme des jambons, noyée dans une sorte de tunique écrue qui lui arrivait aux chevilles et couverte d'un gros tricot vert caca d'oie. Mais le plus étrange était l'absurde bibi plat à voilette planté sur sa tête, qui lui donnait une air caricatural. L'homme , en revanche, menu, petit, rachitique, semblait empaqueté dans un étroit complet gris perle très cintré et un gilet bleu fantaisie des plus criards. Lui aussi portait un chapeau, enfoncé jusqu'au milieu du front. Ils avaient un air provincial, semblaient égarés et déconcertés dans la foule de l'aéroport, et regardaient tout avec appréhension et méfiance. On eût dit qu'ils s'étaient échappés d'un de ces tableaux expressionnistes pleins de gens extravagants et disproportionnés du Berlin des années vingt, peints par Otto Dix ou George Grosz. »

Et aussi :

Du même auteur

Du même auteur

A mon humble avis :

C'est un petit bijou que ce livre, entre polar et satyre sociale mêlée à un humour parfois grinçant.

Polar : parce que entre ce patron qui refuse un chantage «mafieux» et ce père septuagénaire qui se marie pour emmerder ses ingrats de fils, c'est bien un polar.

Satyre sociale: parce qu'on a là une caricature d'une société en perdition, mais avec aussi des personnages qui relèvent le niveau. Et puis toute cette description des mœurs et coutumes d'un Pérou si peu connu .L'écriture maîtrisée et le style parfait de Vargas llosa, font que l'on ne lâche pas facilement la lecture.La méthode d’écriture avec ces deux histoires en parallèles peut sembler au départ un peu déroutante mais on finit par accrocher en lecture. Très bon roman. A lire de suite .

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :